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Fin de l’ARENH : ce qui change pour les entreprises en 2026

Jusqu’au 31 décembre 2025, l’ARENH permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter à EDF une part de sa production nucléaire à un prix régulé de 42 €/MWh. Voici ce que sa fin change sur la facture d’une PME, et comment sécuriser son prochain contrat.

Carmin Douillard Mis à jour le  · 10 min de lecture

L’essentiel

  • L’ARENH, l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique, a pris fin le 31 décembre 2025.
  • Depuis le 1er janvier 2026, il n’existe plus de prix régulé pour l’électricité nucléaire.
  • En 2026, la réduction prévue par le versement nucléaire universel (VNU) est de 0 €.
  • La part énergie de votre facture dépend des prix de marché et de la formule de prix de votre contrat.
  • Depuis la fin de l’ARENH, ce qui pèse vraiment sur la part énergie de votre facture, c’est le prix, la formule d’indexation et la durée de votre contrat de fourniture.
Sommaire
  1. Qu’est-ce que l’ARENH ?
  2. Pourquoi le dispositif a pris fin
  3. Ce qui le remplace en 2026
  4. Quel effet sur le prix
  5. Comment sécuriser votre contrat
  6. Sources
  7. Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’ARENH ?

L’ARENH obligeait EDF à vendre une partie de sa production nucléaire aux fournisseurs alternatifs, à un prix fixe de 42 €/MWh. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2025.

Son nom signifie « accès régulé à l’électricité nucléaire historique ». Un MWh (mégawattheure) vaut 1 000 kWh : 42 €/MWh correspondent donc à 4,2 centimes par kWh.

Pourquoi le dispositif a pris fin

L’ARENH n’a pas disparu par surprise : il a été conçu dès le départ comme un dispositif transitoire. Il a été instauré par la loi du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité, dite loi « NOME », et fonctionnait depuis le 1er juillet 2011. Le code de l’énergie fixait lui-même son terme : le dispositif était mis en place « jusqu’au 31 décembre 2025 ».

Un outil pour ouvrir le marché à la concurrence

Le code de l’énergie lui donnait un double but : préserver la liberté de choisir son fournisseur d’électricité, et faire profiter tous les consommateurs de la compétitivité du parc nucléaire français. Les fournisseurs concurrents d’EDF pouvaient ainsi acheter une partie de l’électricité des centrales nucléaires d’EDF mises en service avant le 8 décembre 2010, à des conditions économiques équivalentes à celles dont EDF bénéficiait. Le prix de l’ARENH, lui, est resté fixé à 42 €/MWh depuis 2012.

Un volume plafonné, une demande supérieure au plafond depuis 2019

Le volume vendu au titre de l’ARENH était limité. La loi autorisait jusqu’à 120 TWh (térawattheures) par an, sans compter l’électricité achetée par les gestionnaires de réseaux pour couvrir leurs pertes, mais l’arrêté en vigueur le fixait à 100 TWh.

Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la demande des fournisseurs alternatifs dépassait ce plafond chaque année depuis 2019. Pour 2025, lors du guichet clos le 21 novembre 2024, ils ont demandé 135,04 TWh. Après correction de quelques demandes, la CRE a retenu 134,93 TWh et appliqué un taux d’attribution de 74,12 %. Le reste devait être acheté ailleurs, notamment sur le marché. C’est ce qu’on appelait l’« écrêtement ».

Le relais pris par la loi de finances pour 2025

L’échéance de 2025 n’a pas été repoussée. La loi de finances pour 2025 a réécrit le chapitre du code de l’énergie consacré à l’ARENH. Depuis le 1er janvier 2026, il encadre le « partage des revenus » des centrales nucléaires historiques d’EDF : il définit les revenus du nucléaire historique et leur suivi par la CRE, qui servent à calculer le versement nucléaire universel décrit plus bas.

Pour la CRE, ce sont désormais les prix de gros (ceux des marchés où les fournisseurs achètent l’électricité) qui servent de référence à la part « approvisionnement » de vos factures. Dans ce contexte post-ARENH, elle a renforcé sa surveillance des marchés de gros, pour s’assurer que les prix y reflètent bien l’équilibre entre l’offre et la demande.

Ce qui le remplace en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, il n’existe plus de prix régulé pour l’électricité nucléaire : les fournisseurs achètent toute leur électricité sur les marchés ou la produisent eux-mêmes.

La loi de finances pour 2025 a créé le versement nucléaire universel (VNU). Une taxe prélève 50 % des revenus nucléaires d’EDF au-dessus d’un premier seuil, et 90 % au-dessus d’un second. En 2026, ces seuils sont de 78 €/MWh et de 110 €/MWh ; ils seront revalorisés selon l’inflation sous-jacente en 2027 et en 2028.

L’argent collecté est reversé à tous les consommateurs, sous forme d’une réduction par MWh consommé pendant une période fixée en principe du 1er avril au 31 octobre.

Avant et après l’ARENH

PosteJusqu’en 2025Depuis 2026
Accès au nucléaire d’EDFARENH, pour les fournisseurs alternatifsAucun accès régulé
Prix de référence42 €/MWhAucun prix régulé
VolumePlafonné, 100 TWh pour 2025, hors pertes des réseauxSans objet
Effet sur votre contratUne part de l’énergie payée au prix de l’ARENH (43,8 % de la consommation au tarif réglementé en 2025)Part énergie fondée sur les prix de marché

Bon à savoir

Le VNU concerne tous les consommateurs, particuliers comme entreprises, quel que soit le fournisseur ou le contrat (offre de marché ou tarif réglementé). Lorsqu’elle est positive, la réduction apparaît de façon distincte sur la facture, pour la consommation de la période d’application. En 2026, elle est nulle.

Quel effet sur le prix de votre électricité

En 2026, la réduction est de 0 € : les revenus d’EDF sont estimés à environ 66 €/MWh, sous le premier seuil. La part énergie de votre facture dépend donc entièrement des prix de marché, selon le moment où votre fournisseur s’approvisionne et la formule de prix de votre contrat.

0 €/MWh

La réduction VNU en 2026

Arrêté du 27 mars 2026

Pour donner un ordre de grandeur, la CRE a simulé un prix de vente moyen du nucléaire de 90 €/MWh. La réduction représenterait alors de 4 à 6 € par MWh consommé sur l’année selon le profil de consommation, soit environ 0,5 centime par kWh. Pour 2027, la CRE proposera le montant au plus tard le 30 novembre 2026, puis un arrêté le fixera.

Pour une PME, en petite puissance (C5, jusqu’à 36 kVA de puissance souscrite) comme en basse tension au-delà de 36 kVA (C4), le VNU ne fait donc pas baisser la facture aujourd’hui. C’est un filet de sécurité qui ne se déclenche qu’en cas de forte hausse des prix.

L’exemple du tarif réglementé

Le tarif réglementé de vente d’électricité permet de mesurer l’effet de la fin de l’ARENH, car la CRE publie le détail de son calcul. En 2025, l’ARENH couvrait 43,8 % de la consommation d’un client à ce tarif, à 42 €/MWh. Depuis 2026, ce volume est approvisionné sur le marché. Mais les prix de gros ont baissé : selon la CRE, cette baisse fait reculer les tarifs Bleus de 6,88 €/MWh HT en moyenne, fin de l’ARENH comprise. Au total, elle a proposé une baisse de 1,29 % HT des tarifs Bleus professionnels au 1er février 2026.

Pour une offre de marché, l’effet dépend de la date de signature et de la formule de prix de chaque contrat. C’est ce qu’il faut regarder de près dans le vôtre.

Comment sécuriser votre contrat

Avec la fin de l’ARENH, ce qui pèse vraiment, c’est le prix, la formule d’indexation et la durée de votre contrat de fourniture. Avant de signer ou de renouveler, quatre points méritent votre attention. C’est précisément le travail d’un courtier en énergie pour les PME : lire votre contrat actuel, puis mettre les offres en concurrence.

Lire la formule de prix

Conçue d’abord pour les particuliers, la classification des offres établie par la CRE aide aussi une PME à lire son contrat. Elle distingue les offres selon la façon dont leur prix évolue :

  • les offres à prix fixe tout compris : seule une modification de la fiscalité peut faire varier le prix ;
  • les offres à prix fixe de la part énergie : l’abonnement et l’énergie sont bloqués, mais les taxes, le TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, qui paie l’acheminement) et les certificats d’économies d’énergie (CEE) peuvent encore évoluer ;
  • les offres indexées sur une référence publique, comme le tarif réglementé ;
  • les offres indexées sur des références de marché, dont le fournisseur doit préciser la fréquence d’évolution ;
  • les offres à tarification dynamique, dont le prix suit en temps réel les marchés de l’énergie ;
  • les autres offres, notamment celles dont le prix peut être modifié librement en cours d’année ou n’est garanti que moins de 12 mois.

La CRE conseille aussi de vérifier comment le prix évolue une fois la période garantie écoulée. Posez la question avant de vous engager.

Vérifier la clause de révision

Un prix dit fixe peut prévoir la répercussion de certains coûts. C’est le cas du nouveau mécanisme de capacité, qui sert à disposer d’assez de moyens de production, de stockage et d’effacement (baisse volontaire de consommation) pour passer les pointes de l’hiver. Il s’applique à partir du 1er novembre 2026 et il est financé par une taxe payée par les fournisseurs. Ceux-ci choisissent librement la façon de la répercuter dans leurs offres, à condition que ces offres restent cohérentes avec les coûts qu’ils supportent. Demandez à votre fournisseur comment il la facture, et comprenez le mécanisme de capacité avant de signer.

Choisir la durée et anticiper l’échéance

Un prix fixe bloque votre part énergie pendant toute la période garantie par le fournisseur, à la hausse comme à la baisse. Le moment de la signature compte donc. Pour calculer le tarif réglementé, la CRE retient des achats d’électricité livrée toute l’année (produit « calendaire base ») étalés sur deux ans. Le prix moyen obtenu est de 103,0 €/MWh pour 2025, contre 63,9 €/MWh pour 2026.

Pour les engagements longs, restez prudent. En avril 2025, la CRE jugeait le marché à terme (où l’électricité s’achète à l’avance pour une livraison future) assez actif pour que les fournisseurs s’approvisionnent ou se couvrent jusqu’à trois ans à l’avance. À quatre ans, les échanges restaient limités, et ils étaient faibles à cinq ans. La CRE suivait ces échéances de près, car certains professionnels signent des contrats de plus en plus longs.

Aurore Énergies propose un renouvellement anticipé jusqu’à un an avant l’échéance : vous choisissez le moment de la mise en concurrence au lieu de le subir. Changer de fournisseur ne demande aucun changement de compteur. Pour le calendrier et la résiliation, voyez notre page contrat d’électricité professionnel.

Comparer le coût complet, pas seulement le prix du kWh

La part énergie n’est qu’une partie de votre facture. S’y ajoutent l’acheminement (TURPE), la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), l’accise sur l’électricité, la capacité, les CEE et la TVA. Au 1er août 2026, la CRE a ainsi proposé une hausse de 2,93 % HT des tarifs Bleus professionnels, due au TURPE et au nouveau mécanisme de capacité. Pour comprendre le TURPE et ce qui compose le prix de l’électricité pour les professionnels, consultez nos pages dédiées.

Aurore Énergies met en concurrence plus de 20 fournisseurs et compare le coût complet de chaque offre : prix, TURPE, taxes, CEE et capacité. L’accompagnement est gratuit : nous sommes rémunérés par les fournisseurs partenaires, sans frais pour vous.

Attention

En métropole continentale, les entreprises de moins de 10 personnes dont le chiffre d’affaires, les recettes ou le total de bilan ne dépassent pas 2 millions d’euros peuvent aussi opter pour le tarif réglementé, quelle que soit leur puissance souscrite. Avant de quitter un contrat de marché en cours, vérifiez les indemnités de résiliation anticipée que votre fournisseur peut facturer : EDF recommande lui-même cette vérification. Voir qui peut souscrire le tarif Jaune.

Sources

  1. Délibération de la CRE n° 2026-06 du 14 janvier 2026 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité en France métropolitaine continentale et en zones non interconnectéescre.fr
  2. Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 17legifrance.gouv.fr
  3. Arrêté du 11 février 2026 relatif à la taxe sur l’utilisation de combustible nucléaire pour la production d’électricitélegifrance.gouv.fr
  4. Arrêté du 27 mars 2026 fixant le tarif unitaire de minoration applicable au titre du dispositif de versement nucléaire universel pour l’année 2026legifrance.gouv.fr
  5. Loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricitélegifrance.gouv.fr
  6. Code de l’énergie, chapitre VI « L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (articles L336-1 à L336-10, version en vigueur jusqu’au 1er janvier 2026)legifrance.gouv.fr
  7. Code de l’énergie, chapitre VI « Partage des revenus de l’exploitation des centrales électronucléaires historiques » (version en vigueur depuis le 1er janvier 2026)legifrance.gouv.fr
  8. Délibération de la CRE n° 2024-210 du 28 novembre 2024 relative à l’allocation des volumes d’ARENH dans le cadre du guichet s’étant clos le 21 novembre 2024cre.fr
  9. CRE, communiqué de presse du 30 avril 2025 : bulletin trimestriel des marchés de gros et fonctionnement du marché après la fin de l’ARENHcre.fr
  10. Code de l’énergie, sous-section « Versement nucléaire universel » (articles L337-3 à L337-3-6)legifrance.gouv.fr
  11. Code de l’énergie, sous-section « Versement nucléaire universel » (articles R337-1 à D337-15-1)legifrance.gouv.fr
  12. Délibération de la CRE n° 2025-268 du 16 décembre 2025 portant avis sur le projet de décret relatif aux conditions d’application du versement nucléaire universelcre.fr
  13. Délibération de la CRE n° 2026-52 du 26 février 2026 portant proposition de tarif unitaire de la minoration du versement nucléaire universel pour la période d’application 2026cre.fr
  14. Délibération de la CRE n° 2026-147 du 15 juillet 2026 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité en France métropolitaine continentale et en zones non interconnectéescre.fr
  15. CRE, Découvrir les catégories des offrescre.fr
  16. Délibération de la CRE n° 2026-24 du 27 janvier 2026 portant avis sur le projet d’arrêté précisant les règles du mécanisme de capacitécre.fr
  17. Code de l’énergie, article L337-7 (version en vigueur depuis le 1er février 2025)legifrance.gouv.fr
  18. EDF Entreprises, Tarifs réglementés de venteedf.fr
  19. Décret n° 2026-75 du 11 février 2026 relatif à la taxe sur l’utilisation de combustible nucléaire pour la production d’électricité (CIBS, art. D. 322-62 et D. 322-63)legifrance.gouv.fr
  20. CRE, Lignes directrices de la CRE : transparence et information renforcéescre.fr

Questions fréquentes

L’ARENH existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, il n’existe plus de prix régulé pour l’électricité nucléaire : les fournisseurs achètent toute leur électricité sur les marchés ou la produisent eux-mêmes.

Quel était le prix de l’ARENH ?

42 €/MWh. L’ARENH obligeait EDF à vendre une partie de sa production nucléaire aux fournisseurs alternatifs, à un prix fixe de 42 €/MWh. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2025.

Qu’est-ce que le versement nucléaire universel (VNU) ?

Le versement nucléaire universel (VNU) est un filet de sécurité en cas de forte hausse des prix de gros, créé par la loi de finances pour 2025. Une taxe prélève 50 % des revenus nucléaires d’EDF au-dessus d’un premier seuil, et 90 % au-dessus d’un second. En 2026, ces seuils sont de 78 €/MWh et de 110 €/MWh ; ils seront revalorisés selon l’inflation sous-jacente en 2027 et en 2028. L’argent collecté est reversé à tous les consommateurs, sous forme d’une réduction par MWh consommé pendant une période fixée en principe du 1er avril au 31 octobre.

Y a-t-il une réduction VNU sur les factures en 2026 ?

Non. En 2026, la réduction est de 0 € : les revenus d’EDF sont estimés à environ 66 €/MWh, sous le premier seuil. La part énergie de votre facture dépend donc entièrement des prix de marché, selon le moment où votre fournisseur s’approvisionne et la formule de prix de votre contrat.

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